Québec

Un rêve devenu réalité

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“A’ s’parfume à térébenthine, a’ couraille la rue Sainte-Catherine, qui ça? Bopépine!” C’était l’été 1983, j’étais en vacances dans ma famille à Smooth Rock Falls, dans le nord ontarien, à 1000 km de chez-moi. Je découvrais la musique de Plume. En Ontario.
À l’époque, il n’existaient que quelques artistes ontariens qui chantaient en français: CANO, Garolou, Robert Paquette. Les chanteurs québécois étaient donc très prisés des Franco-Ontariens qui voulaient écouter de la musique en français. J’ai découvert cet été-là non seulement la poésie un peu salace de Plume, mais aussi des chansons grivoises qui m’étaient jusqu’alors inconnues. Des chansons qui trouvaient leur origine dans la Belle Province, ma province d’origine. J’ai été étonnée, à mon retour de vacances, de voir que mes camarades connaissaient déjà ces chansons.

Des artistes québécois en tournée au Canada!

Quelques années plus tard, je voyais, à la télé de Montréal, les artistes québécois dire se préparer pour une tournée de l’Abitibi. Une fois l’été arrivé, ces artistes ne s’arrêtaient pas à Amos, Rouyn-Noranda ou Val d’Or. Ils se rendaient jusqu’à Timmins, Kapuskasing et Hearst. Et ceux qui faisaient la tournée de l’Outaouais ne se limitaient pas à Hull ou Aylmer. Ils allaient aussi au Centre national des arts d’Ottawa et autres salles de spectacle de la capitale fédérale, mais n’en parlaient pas à la télé québécoise. Comme s’ils visitaient les francophones du reste du pays en catimini.
Je me suis demandée combien se rendaient en Acadie, ou au Manitoba. Est-ce que certains se rendaient en Sakatchewan? Et en Alberta? Je ne savais pas. On ne savait pas. J’ai décidé, à l’âge de 15 ans, qu’un jour je ferais changer les choses. On apprendrait à connaitre, au Québec, les artistes de la francophonie canadienne. Et on apprendrait aussi que les artistes québécois visitent les francophones des autres provinces. Non pas par désir de faire leur “coming out” canadien, mais parce que la francophonie canadienne, loin d’être un bloc monolythique, gagnerait à se rassembler et à s’unir. Pour ce faire, il faut se connaître et arrêter de s’ignorer les uns les autres. C’était un rêve ambitieux. Ce l’est toujours.

Le rêve devenu réalité

La culture, c’est la langue que l’on parle, c’est l’expression d’un héritage commun qui évolue. La culture, c’est le coeur qui bat dans nos poitrines. C’est la musique qui nous berce, les histoires qu’on se raconte dans des livres ou sur une scène. C’est la poésie qui nous prépare au combat, ou à la résistance. C’est le moteur d’une société.
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